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Discours prononcé par Georges Pompidou à l'Assemblée nationale, le 18 juin 1965


C'est à l'Assemblée nationale que Georges Pompidou, Premier Minstre, prononce ce discours dédié à la politique d'aménagement du territoire et surtout à l'aménagement de la région parisienne.

 
 


    Mesdames, Messieurs,

    Voici près d'un an que M. Nungesser m'a posé une question sur le nouvel et indispensable plan d'aménagement et d'urbanisme de la région parisienne. Dès cette époque, le Délégué Général au District de la Région de Paris m'avait soumis un projet de schéma directeur, qui, présenté au Chef de l'État en juillet 1964, a fait l'objet depuis cette date de nombreux examens et mises au point en Conseil restreint à l'Elysée comme en Comités interministériels à Matignon et va dans quelques jours être exposé en détail devant le Conseil d'Administration du District. Si j'ai tardé à répondre à la question de M. Nungesser, c'est parce que je désirais être en mesure de le faire complètement et après que le Gouvernement eût fait son choix entre les diverses solutions qui lui étaient proposées. C'est aussi parce que le problème de l'aménagement de Paris ne peut être séparé de l'aménagement du territoire et que je souhaitais être en possession des premières études approfondies sur le développement de l'urbanisation en France et, particulièrement, sur la définition et les perspectives des métropoles régionales. Si je le fais aujourd'hui et si je le fais moi-même c'est parce que la question posée est une des plus importantes qui soient, parce qu'elle conditionne l'avenir même de la France et plus particulière-ment le cadre de vie des Français de demain.

    Pour mesurer l'ampleur des problèmes et la nécessité de solutions nouvelles, il convient tout d'abord de se référer aux données démographiques. La France, qui compte actuellement 49 millions d'habitants, en comptera plus de 60 millions en 1985 et sans doute plus de 75 millions à la fin du siècle. Il y a lieu de se réjouir de ces perspectives qui seront loin d'épuiser la capacité de notre sol national puisque si la densité de la population était en France ce qu'elle est actuellement en Allemagne fédérale ou en Grande-Bretagne, la France compterait 125 millions d'habitants. Or, on estime actuellement à environ 11 millions et demi la population rurale. Je parle ici de la population proprement rurale et non point de la population des communes de moins de 2 000 habitants, notion habituellement retenue par nos statistiques mais notion tout à fait impropre puisqu'elle conduit à considérer comme des ruraux quelque
5 millions d'habitants qui, dès maintenant, font partie de zones de peuplement industriel et urbain. Bien que notre politique soit de maintenir en France une proportion importante d'exploitations agricoles familiales, il est certain que la nécessité de rendre ces exploitations rentables au sens économique du terme conduira à une concentration progressive de telle sorte que la population rurale stagnera ou aura tendance à diminuer pour se stabiliser sans doute autour de 10 à 10,5 millions à la fin du siècle.

    Une telle constatation permet de mieux comprendre les hypothèses qui ont été retenues à titre indicatif pour l'établissement du schéma directeur de la région parisienne et qui prévoient une population de l'ordre de 11,6 millions en 1985 et 14 millions au début du siècle prochain. Ceci veut dire en effet que la population de la plus importante agglomération française augmentera dans les quatre prochaines décennies d'environ 60%. Comme la population urbaine de la France atteindra, dans le même délai, 65 millions, il faut prévoir que les villes autres que Paris augmenteront globalement d'environ 80%, ce qui supposera que beaucoup d'entre elles doublent ou même triplent. Ainsi, en prenant pour hypothèse de travail une agglomération parisienne d'environ 14 millions d'habitants au début du siècle prochain, le Gouvernement, non seulement n'entend pas pousser à l'accroissement de cette agglomération, mais au contraire réaffirme sa volonté de la freiner par une politique systématique de décentralisation industrielle et de déconcentration administrative.

    En effet, pour nous tenir dans ces limites, il faudra que le mouvement de population de la province vers Paris soit non seulement ralenti, mais renversé, à partir de 1985 au plus tard, de sorte que le mouvement des Parisiens partant pour la province l'emporte sur celui des provinciaux vers Paris, l'accroissement de la capitale n'étant dû ultérieurement qu'aux seules naissances, les arrivées d'étrangers et de provinciaux étant compensées par les départs de Parisiens vers la province.

    Pour pouvoir tenir ce pari, il nous faudra donc favoriser le développement des villes de provinces et, en premier lieu, des grandes métropoles régionales. Après de longues études au sein de la Commission Nationale de l'Aménagement du Territoire comme des services de la Délégation, nous avons retenu huit métropoles :
- Lille - Roubaix - Tourcoing
- Nancy - Metz- Thionville
- Strasbourg
- Nantes - Saint-Nazaire
- Lyon - Saint-Etienne
- Aix - Marseille - Fos-sur-Mer
- Toulouse
- Bordeaux.

    Un groupe de travail a été chargé à la Délégation à l'Aménagement du Territoire de définir les orientations générales préalables à l'établissement des schémas directeurs propres à ces métropoles, et les orientations pour la métropole lyonnaise ont déjà été adoptées au cours d'un récent comité interministériel. Les autres suivront. Les schémas directeurs seront à partir de ces orientations établis grâce à des agences d'urbanisme analogues à l'Institut d'urbanisme de la Région parisienne et qu'il conviendra de créer. Pour mesurer l'ampleur des tâches, je dirai simplement que la population de ces huit métropoles représentera sans doute 14 millions d'habitants à la fin du siècle. À cette date, Marseille et Lyon compteront chacune entre 2 et 3 millions d'habitants ! Voilà qui justifie par exemple les 6 000 hectares de zones industrielles qui ont été acquises par le Gouvernement à Fos-sur-Mer, exemple entre beaucoup d'autres de la nécessité d'une politique à long terme.

    Et qu'on ne croie pas qu'une telle croissance doive se faire aux dépens des autres villes de moyenne importance. En dehors de l'agglomération parisienne et des métropoles d'équilibre, il y aura quelque 10 à 12 millions d'habitants supplémentaires qui viendront grossir la population urbaine des chefs-lieux de régions comme des villes de toute taille. Cela sera particulièrement vrai des villes de la ceinture extérieure du bassin parisien : Orléans, Troyes, Reims, Amiens et Rouen, qui devront doubler au moins en importance d'ici la fin du siècle si l'on veut maintenir la croissance naturelle de l'agglomération parisienne dans les limites indiquées.

    Tous ces chiffres, dont je vous prie d'excuser l'accumulation, portent en eux des exigences qui s'imposent à nous : il faut accélérer l'industrialisation de la France et persuader les dirigeants de notre économie, chefs d'entreprise, financiers, que
la seule croissance de la population française, le développement de l'urbanisme et les exigences d'un confort accru leur ouvrent des perspectives d'activité illimitées, exigent des investissements accrus et des entreprises à la taille d'un grand pays moderne. Il faut accentuer notre effort de décentralisation industrielle et persuader les chefs d'entreprise que la sagesse leur commande de choisir dès aujourd'hui les implantations régionales où, sans parler des aides financières qui leur sont apportées, ils peuvent encore trouver des terrains à un prix raisonnable et une main-d'oeuvre virtuelle abondante, et où ils trouveront demain des possibilités considérables d'écoulement sur place de leur production, en même temps que les communications téléphoniques, aériennes, routières, ferroviaires, voire révolutionnaires comme l'aérotrain ou le métro porté, annuleront les inconvénients qu'ils peuvent ressentir encore et qu'ils ont d'ailleurs tendance à exagérer de l'éloignement de Paris. Il faut enfin penser l'avenir des villes des province--métropoles et chefs-lieux de régions en particulier, non plus à courte vue et comme une simple politique du logement, mais très largement, dans le cadre d'une politique globale d'urbanisme, évitant à ces grands ensembles urbains la croissance anarchique qu'ont connue Paris, Lyon ou Marseille et mettant à la disposition des habitants non seulement des logements, mais les moyens de communications, les équipements sociaux, sportifs, hospitaliers, administratifs, les espaces verts que beaucoup aujourd'hui désirent et que demain tout le monde exigera.

    L'effort de conception entrepris par la Direction de l'Urbanisme au Ministère de la Construction comme par la Délégation à l'Aménagement du Territoire doit être accentué pour que, dans les 2 ou 3 années qui viennent, nous puissions dresser pour toutes les grandes villes de France un schéma directeur analogue à celui que nous avons pu mettre au point pour Paris et dont il faut maintenant que je parle.

    Un premier document relatif au développement de la région de Paris a, vous le savez, été adopté par décret du 6 août 1960 sous le nom de "plan d'aménagement et d'organisation générale de la région parisienne" (P.A.D.O.G.). Mais très vite le périmètre d'urbanisation qu'il définissait s'est révélé trop étroit. Dans les 15 dernières années, on a construit en région parisienne, 750 000 logements, représentant une population de 2 500 000 habitants logés ou relogés dans des immeubles neufs. À l'heure actuelle, la cadence annuelle est de 100 000 logements, ce qui représente l'équivalent d'une ville comme Nantes. Si l'on tient compte de l'accroissement de population et des exigences nées de l'accrois-sement du pouvoir d'achat individuel qui sera multiplié par 3,5 d'ici la fin du siècle, si l'on songe par exemple que la région de Paris compte actuellement 1 800 000 véhicules automobiles et qu'il y en aura sans doute plus de 5 millions à la fin du siècle, on imagine sans peine qu'il faille réviser nos conceptions et réévaluer les surfaces indispensables à une urbanisation convenable.

    Au total, il apparaît que, par rapport à la situation actuelle, d'ici la fin du siècle et par l'effet cumulatif de la démographie et des exigences d'un confort accru, les industries requerront des surfaces multipliées par 2, les bureaux des surfaces multipliées par 3, les logements et l'urbanisme général des surfaces multipliées par 4. Voici donc qu'éclatent les limites du "PADOG" de 1960 comme le démontre le fait que depuis sa parution des dérogations aux règles d'urbanisme ont concerné, en 5 ans, plus de 80 000 permis de construire. Or, l'expansion indispensable au-delà des limites du PADOG actuel n'est nullement entravée par la géographie. On oublie trop que la région de Paris, mise à part l'agglomération capitale, est encore composée de 90% de terres rurales, dont la densité ne dépasse pas 50 à 60 habitants au km2.

    La première caractéristique du schéma directeur est donc de prévoir un éclatement ordonné des limites actuelles de la région parisienne, afin de ne pas les voir céder dans l'anarchie au gré des dérogations. À cette fin, tenant compte de toutes les données possibles et de la nécessité de parer à l'imprévisible, il prévoit de faire passer progressivement la surface urbanisée de la région parisienne de 1 200 à 2 200 km2.

    Ces nouvelles dimensions étant fixées, le Gouvernement avait le choix entre le "laisser faire" et la volonté d'organiser. Il a choisi une politique d'aménagement de la région de Paris, tout comme il a choisi d'avoir une politique d'aménagement du territoire.

    Car laisser faire, ce serait voir l'agglomération s'avancer en tache d'huile, grignotant les derniers vestiges de verdure, les dernières réserves d'air qui subsistent, et faisant de cette vaste agglomération se développant concentriquement un monstre urbain où les communications entre le centre et la périphérie deviennent impraticables, condamnant leurs habitants, et particulièrement les travailleurs, à une existence infernale puisque les seuls transports entre le domicile et le lieu de l'emploi demanderaient 2, 3 et parfois 4 heures par jour.

    Après un examen minutieux des solutions possibles, le Gouvernement a opté pour le choix d'axes préférentiels d'aménagement se développant en suivant des lignes de progression parallèles aux axes de la vallée de la Seine et de la Marne. Cette solution a l'avantage d'épargner l'essentiel de ce qui fait la richesse des parties non urbaines de la région parisienne, franges de la Beauce et de la Brie, espaces verts et forêts. La future surface urbanisée du District laissera intacts plus de 80 % des terres rurales de la région parisienne.

    Mais le choix d'axes préférentiels de développement n'implique nullement que sera poursuivie sous sa forme traditionelle, c'est-à-dire sans solution de continuité, l'extension qui a vu peu à peu Paris grossir sur lui-même. Autant que la croissance actuelle en tache d'huile de l'ensemble, le schéma directeur rejette la croissance indéfinie puis la fusion de banlieue sans structuration, sans
équipements suffisants et sans âme. Il entend faire porter l'action à la fois sur les structures anciennes et sur la création de structures nouvelles.

    En ce qui concerne les structures anciennes de Paris et de sa banlieue, d'énormes efforts de rénovation sont à faire sur une superficie qui représente au moins le tiers de la surface agglomérée actuelle. Cette action est déjà entamée dans Paris intramuros avec l'opération Maine-Montparnasse, avec les reconstructions entreprises dans divers îlots de rénovation, et s'y poursuivra avec le réaménagement de la partie centrale de la rive droite autour du quartier des Halles.

    Elle est également en cours à la périphérie de la capitale, dans un effort de restructuration de banlieues anciennes en "centres-villes" rénovés. Le premier exemple est constitué par l'aménagement en cours de la zone de la Défense dans la région de Puteaux-Nanterre. Dans des styles divers suivront d'autres opérations telles que la restructuration de la région de Saint-Denis, avec la construction de la nouvelle Préfecture de Bobigny et de la Faculté de Villetaneuse, ou l'aménagement en Centre-ville de Créteil.

    Mais parallèlement à la rénovation des structures anciennes, il est indispensable, pour faire face aux besoins des trente-cinq prochaines années, de créer de nouvelles structures d'accueil sous forme de "villes nouvelles".

    Un projet de loi est en préparation et sera déposé sur le bureau de l'Assemblée au début de la session prochaine pour permettre ces créations. À leur sujet, je voudrais d'abord dissiper une équivoque. Il ne s'agit pas de créer des villes nouvelles pour aspirer la population qui doit aller normalement vers les villes du bassin parisien comme Orléans, Rouen, Amiens ou Reims. Au contraire, je le rappelais tout à l'heure, pour maintenir la croissance de Paris dans les limites fixées, il est nécessaire que ces villes se développent à une cadence accélérée qui leur permette au moins de doubler dans les 55 années à venir. Notre but est simplement d'ordonner la construction des logements dans la région parisienne urbanisée autour de centres, de "coeurs de ville", au lieu de les laisser se répandre un peu partout dans les espaces libres comme on l'a fait depuis cent ans. Nous avions pour cela le choix entre trois orientations : ou bien implanter ces ensembles urbains au plus près de l'agglomération existante, ce qui voulait dire se résigner à la croissance en tache d'huile; ou bien disposer les villes nouvelles en couronne à quelques dizaines de kilomètres de l'agglomération actuelle. Mais l'expérience de Londres démontre qu'en pareil cas la croissance de ces villes se fait non vers l'extérieur, mais vers le centre et tend à rejoindre l'agglomération capitale, où on revient alors aux inconvénients précédents. Au surplus, je le rappelle, "la couronne de villes" du bassin parisien existe, composée de villes dynamiques qui demain, grâce à des moyens de communication nouveaux, seront à une demi-heure de la capitale et qui doivent constituer à la fois la barrière solide empêchant le déversement de la province sur Paris et les compléments indispensables de 1'agglomération parisienne elle-même. C'est pourquoi nous avons choisi une
troisième formule, répartissant huit ensembles urbains selon des axes naturels, 5 le long de la vallée de la Seine en aval de Paris, 3 suivant les axes de la Marne et de la Seine en amont de Paris. Ces zones, où sont déjà implantées de façon diffuse quelque 500 000 habitants, devraient en accueillir encore 1 000 000 d'ici à 1985. Toutes ces cités seront suffisamment séparées les unes des autres par des zones rurales ou des espaces verts pour conserver une autonomie de vie et de développement. Mais par ailleurs une très forte structuration en voies autoroutières, moyens de transport en commun (train, métro aérien, aérotrain), faciliteront les liaisons d'ensemble et maintiendront la cohésion globale de l'agglomération parisienne.

    J'ajouterai - pour répondre à deux des préoccupations principales de M. Nungesser - que les dispositions envisagées et la structuration de l'agglomération largement étalée dans l'espace suivant des axes naturels, permettront à la fois des communications faciles et rapides, et le développement d'un habitat faisant une large place aux maisons individuelles.

    Il va de soi que les options dégagées par le Gouvernement doivent être soumises aux représentants des populations intéressées. Le Conseil d'administration du District, le Comité consultatif économique et social, le Comité d'Aménagement de la Région de Paris seront tour à tour consultés. La même préoccupation m'a conduit à choisir ce moment pour répondre à la question de M. Nungesser devant l'Assemblée nationale. Au demeurant, le schéma directeur n'est pas un point d'arrivée mais un point de départ. Cadre indispensable il devra être complété par de nombreux plans détaillés. Les représentants qualifiés des populations de la région parisienne pourront être ainsi associés à sa mise au point, dans le cadre de la procédure normale de révision de l'actuel Plan d'aménagement.

    Mesdames, Messieurs, j'ai essayé au cours de ce trop long exposé de situer le développement de la région parisienne dans le cadre d'ensemble de l'aménagement du territoire. J'ai voulu souligner l'effort considérable d'urbanisation provinciale et de décentralisation qui sera nécessaire pour maintenir la croissance de l'agglomération parisienne dans des limites acceptables. Et ceci implique le maintien de contraintes rigoureuses à l'égard de toute initiative, qu'elle vienne de l'administration, de l'industrie ou du commerce, qui contribuerait sans nécessité impérieuse à alourdir la masse coûteuse de cette agglomération. Ceci implique aussi que ses habitants paient le juste prix des services qu'ils en reçoivent. Grâce à l'effort du District et de son Institut d'urbanisme, vont être définies les conditions dans lesquelles la Nation pourrait garder la maîtrise d'une croissance parisienne sagement contenue. Un effort plus grand encore s'offre à nous pour organiser et favoriser le développement et la promotion des métropoles d'équilibre comme la croissance accélérée de la plupart, de nos villes. Mais les résultats obtenus dans l'étude du Paris de l'an 2000 ont préparé notre tâche. Ils nous montrent qu'une rapide expansion démographique, une urbanisation se développant à un rythme accéléré, les exigences croissantes dues au progrès du pouvoir d'achat comme aux données d'une révolution technique permanente, tout cela crée pour les pouvoirs publics des obligations sans précédent. J'entends dire que certains s'opposent déjà à cette conception d'un Paris pouvant atteindre 14 millions d'habitants vers l'an 2000. Autant s'opposer au cours des fleuves et prétendre les ramener à leur source ! La région parisienne s'est accrue, nous l'avons vu, de près de 400 000 habitants dans les deux dernières années. À ce rythme, il y aurait en 1985 non pas 11 millions 6, mais 15 millions d'habitants et près de 16 millions en l'an 2000!

    Nos perspectives non seulement sont mesurées, mais supposent un grand effort gouvernemental pour renverser les courants de population actuels. À partir du moment ou l'on s'est rendu à ces vérités d'évidence, il est du devoir d'un gouvernement digne de ce nom de ne pas se boucher les yeux mais de prendre les dispositions nécessaires pour que ces populations nouvelles trouvent un cadre humain et adapté.

    Il faut voir loin, ïl faut voir large. Oh ! Je ne me dissimule pas les difficultés de tous ordres, dont les difficultés financières ne seront pas les moindres. Mais, en dépit des obstacles pour l'aménagement de l'agglomération parisienne comme pour l'aménagement de l'ensemble du territoire, qu'il s'agisse de la transformation de nos villes ou de la restructuration de nos campagnes, il faut aller de l'avant. Nous sommes engagés dans une évolution qui nous contraint, sous peine de décadence, à progresser. Mais nous entendons progresser les yeux ouverts, c'est-à-dire prévoir. Le schéma directeur pour la région parisienne témoigne de la volonté du Gouvernement de ne pas subir l'évolution mais d'essayer de la contrôler afin, qu'elle serve l'homme au lieu de l'écraser.

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