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Mesdames,
Messieurs,
Je tiens à remercier le Président
Chaudières, le Président Wagner, des paroles qu'ils ont
bien voulu m'adresser et déclarer à tous ma satisfaction
de me trouver ce soir en présence de tant d'élus, de représentants,
d'administrateurs de la région parisienne. Dix ans ! Dois-je dire
dix ans déjà ou il n'y a que dix ans ? Voici, en effet,
dix ans que le Gouvernement de Michel Debré installait le District.
Ce geste dont l'importance s'est manifestée par la suite signifiait
que pour la première fois depuis longtemps, depuis toujours on
percevait la cohérence de la Région parisienne et la nécessité
par conséquent d'en avoir une vue globale en même temps que
d'associer l'État et ses représentants aux élus et
à la population. Au terme de cette journée, mon impression
est bien que pendant des dizaines d'années, très peu de
chose pour ne pas dire rien avait été fait. Les choses allaient
toutes seules, les logements s'installaient comme ils voulaient, où
ils pouvaient, les usines ou les emplois également et petit à
petit cette agglomération parisienne prenait sa taille énorme
sans que, à aucun moment, personne n'ait senti la nécessité
de regarder le problème dans son ensemble et d'essayer de lui trouver
non pas une solution, il n'y a jamais une solution mais les moyens de
parvenir à des solutions. Le District a été à
ce point de vue là plus qu'une création administrative,
il a été une révolution.
Par la suite, bien entendu, d'autres réformes
ont été faites car, et c'était bien le sens de la
création du District, la première des choses à faire,
c'était de donner à la Région parisienne une administration.
On s'apercevait à ce moment-là que la situation administrative
de la région parisienne était non seulement périmée
mais absurde ; le département de la Seine était énorme,
surpeuplé et tout autour il y avait ce département de Seine-et-Oise
dont la structure circulaire rendait toute administration impossible ou
en tout cas peu efficace et créait pour ceux qui n'habitaient pas
dans le sud-ouest du département des difficultés considérables
pour les actes tellement nombreux qui relient le citoyen d'aujourd'hui
à l'administration. C'est pourquoi en 1964, mon Gouvernement a
pris la décision alors fort discutée de découper
la région parisienne, de créer trois autres départements
autour de Paris, à l'intérieur du département de
la Seine et de découper le département de Seine-et-Oise
lui-même en trois autres départements. Du même coup,
on créait cinq nouvelles préfectures, on les créait
sur le papier elles sont aujourd'hui sur le terrain et à une exception
près elles sont terminées et elles fonctionnent pleinement.
Ce que la création des départements
et des préfectures représente de soulagement pour la population,
on me l'a dit partout où je suis passé aujourd'hui. Citons
quelques chiffres au hasard ; 1500 personnes tous les jours se rendent
à la Préfecture de Cergy-Pontoise, 700 et parfois 1 000
cartes grises sont distribuées, et chacune en un quart d'heure
à la Préfecture de Créteil, 300 000 cartes grises
et permis de conduire, 200 000 passeports ou cartes d'identité
ont été délivrés en deux ans à la Préfecture
de Bobigny. Tout cela montre à quel point en rapprochant l'administration
des administrés, on a facilité leur vie. Le découpage
naturellement devait être complété, il l'a été
encore, tout récemment, par la réforme de la police. Désormais,
tous les préfets, y compris les préfets de la Petite Couronne
ont leur police. Jusqu'à une date récente on avait laissé
le Préfet de Police maître de l'ancien département
de la Seine mais naturellement étant donné la présence
du Gouvernement à Paris, étant donné les problèmes
de l'ordre dans Paris, le Préfet de Police ne pouvait pas ne pas
avoir la tentation de garder ses forces sur Paris, qu'il s'agisse des
forces de police-parisienne proprement dites, ou qu'il s'agisse des compagnies
républicaines de sécurité qui peuvent lui être
données en renfort. Désormais, chaque Préfet, non
seulement de la Grande couronne mais de la Petite couronne, a sa police.
Désormais, les Commissariats s'ouvrent les uns après les
autres et l'on peut dire que l'accroissement des effectifs qui a atteint
dans les départements de la Petite Couronne entre 22 et 30% dans
les deux dernières années et qui va croître encore
en 1972, permettra à chacun de ces départements et à
chacun de ces Préfets de disposer en 1972 de trois mille agents
en tenue sans compter les compagnies de C.R.S. qui leur sont affectées
de façon permanente. Ainsi à l'administration et à
ses facilités se joint la sécurité, car en dépit
des incidents, en dépit de tout ce que nous trouvons quelquefois
dans la presse et que nous ne pouvons pas ne pas regretter, il n'en est
pas moins vrai que Paris et la Région parisienne donnent au monde
l'exemple d'une des grandes agglomérations à la fois les
plus vivantes et les plus tranquilles, les plus sûres, les mieux
administrées et les mieux entretenues. Tout cela devait être
coordonné. Le Conseil d'Administration du District en est chargé.
Le Comité Consultatif Économique et Social est venu s'adjoindre
à lui et apporte des avis qui sont toujours précieux et
compétents. Tout cela se traduit par une organisation qui est à
la fois coordonnée et déconcentrée et qui permet
à la population et à ses représentants de collaborer
étroitement avec l'Administration, sans pour autant tomber dans
la dispersion.
Tout cela était nécessaire étant
donné l'ampleur des problèmes posés. Plus de neuf
millions d'habitants et sans doute allons-nous vers dix et douze millions,
posent d'immenses problèmes dans tous les domaines. Il faut pour
cette population si nombreuse, d'abord créer des emplois. À
ce point de vue là d'ailleurs, je voudrais, à la suite d'une
journée où l'on a beaucoup parlé de l'emploi non
pas dire que tout va bien, il s'en faut, mais demander que l'on n'ait
pas une vue pessimiste de la situation. En fin de compte, si je prends
la proportion, de la population active, à Paris et dans la région
parisienne, elle est d'environ 46% alors qu'elle n'est guère que
de 40% dans la France entière et cette proportion s'étend
à plus de 50% à Paris même et à près
de 48% dans la Petite Couronne ; on ne peut donc pas dire que la région
parisienne soit de ce point de vue là desservie par rapport au
reste de la France, bien au contraire. Quant aux créations d'emplois,
dans les années récentes, elles ont encore été
pratiquement de près d'un tiers par rapport à l'ensemble
de la France, ce qui est évidemment une proportion considérable.
Et pourtant, il se pose des problèmes. Ces problèmes sont
dus d'abord au fait que l'industrie a tendance à se décentraliser.
Sans doute est-ce une politique délibérée de l'État
et de l'Aménagement du Territoire que d'avoir considéré
pour des raisons qui tiennent à la fois à la structure de
la région parisienne et aux besoins de nos provinces, et en particulier
de celles qui sont les plus excentrées, qu'il y avait lieu d'encourager
une certaine décentralisation de l'industrie. Cette décentralisation,
de toute manière, se ferait toute seule et se fait partout, pour
des raisons qui ne sont pas forcément volontaires de la part de
l'Administration. Cette décentralisation industrielle est ressentie
dans certains départements de la Couronne et en particulier, je
le sais, dans la Seine Saint-Denis qui est le seul des départements
de la région parisienne où pour employer le jargon des statisticiens,
le solde de l'emploi ait été l'an dernier négatif,
autrement dit où il y ait eu plus de suppressions d'emplois qu'il
n'y avait de créations. Partout ailleurs, le solde a été
nettement positif. Je tire de là en tout cas une conclusion, c'est
que dans la mesure où nous avons affaire à des industries
dont la décentralisation ne s'impose pas, il ne convient pas de
mettre fin à cette politique d'aménagement du Territoire,
mais il ne convient pas pour autant de vider la région parisienne
de ses industries. II faut garder dans la région parisienne un
secteur secondaire qui correspond d'abord à toute une partie de
la population en quête d'emploi, et qui est une base d'activité
indispensable pour que puisse se développer complètement
l'autre secteur qui lui galope c'est-à-dire le secteur tertiaire.
Une deuxième conclusion que je tire de
mon voyage, c'est qu'il y a lieu de rééquilibrer l'emploi
dans la région parisienne et sur le plan géographique et
sur le plan sectoriel. Il faut d'une part rééquilibrer l'emploi
entre l'Est et l'Ouest. Les créations d'emplois, notamment dans
le tertiaire, se font presque uniquement dans l'Ouest à l'heure
actuelle, il est nécessaire et pour l'agglomération de Paris
même et pour la région parisienne que l'État fasse
un effort par les décisions qui lui appartiennent (et le District
sur ce point doit pouvoir lui apporter sa collaboration) afin de procéder
à un certain rééquilibrage en faveur de l'Est parisien.
De ce point de vue, certaines décisions récentes, je pense
à l'aérotrain, ont pu être critiquées, à
mon avis elles ne sont pas sans mériter une certaine critique mais
il faut toujours choisir entre des inconvénients et la raison d'argent
est hélas la meilleure. Il n'en est pas moins vrai qu'il faudra
envisager un effort plus grand pour
l'Est parisien. D'autre part ce rééquilibrage doit se faire
également entre les activités, et il n'est pas souhaitable
que le tertiaire s'implante, comme il le fait à l'heure actuelle,
presque uniquement dans Paris, il convient de faire un certain desserrement
du tertiaire vers les départements de la Petite Couronne et de
la Grande Couronne en particulier puisque je citais tout à l'heure
le département de la Seine Saint-Denis, il est évident qu'au
moment même où le secteur secondaire diminue dans le département
de la Seine Saint-Denis, un apport d'emplois du secteur tertiaire donnera
à ce département non seulement l'activité qui pourrait
lui faire défaut mais un certain équilibre qui lui serait
également profitable. Au total la région parisienne avec
sa population, avec son activité très grande représente,
comme on le rappelait tout à l'heure, quelque chose de capital
non pas simplement par rapport à la France mais par rapport à
l'Europe. Si on regarde une carte de l'Europe, si l'on voit la densité
humaine et d'activité dans le Nord, le Nord-Est et l'Est puis vers
la vallée du Rhône et la région de Turin et Milan,
il est évident que la France serait quelque peu excentrée,
serait en dehors du grand courant actif à l'exception de son Nord
et de son Nord-Est si elle n'avait pas la région parisienne qui
est le môle où viennent s'amarrer toutes les activités
nationales et qui attirent vers l'Ouest et par conséquent au profit
de tout notre Ouest, de notre extrême Ouest et de notre Sud-Ouest
des activités non seulement nationales mais européennes.
Le rôle de Paris et de la région parisienne pour permettre
à la France de prendre toute sa place dans l'activité européenne
est essentiel.
J'entends bien qu'il ne suffit pas d'avoir du
travail et qu'il y a le problème de vivre. Vivre, c'est d'abord
le logement. Je note cependant que le problème du logement paraît
un peu moins aigü qu'il a pu être il y a quelques années
et cela se comprend puisque voici des années que nous construisons
dans la région parisienne environ cent mille logements par an et
qu'un rythme légèrement supérieur est prévu
pour le Sixième Plan. Le logement, c'est aussi un problème
de qualité : qualité du logement, destruction de l'habitat
insalubre, suppression des bidonvilles. De grands efforts ont été
faits, j'ai rappelé tout l'heure dans une des préfectures
que j'ai visitée que l'on avait multiplié, de 1970 à
1971, par six les crédits pour la destruction de l'habitat insalubre.
Il reste la diffiulté principale qui est le terrain. N'oublions
pas que cent mille logements par an, cela veut dire que dans la région
parisienne chaque année nous construisons l'équivalent d'une
ville comme Bordeaux, n'oublions pas que cela veut dire que chaque année
il faut trouver environ six mille hectares de terrain c'est-à-dire
les 2/3 de la superficie de Paris Là aussi les difficultés
sont grandes, là aussi les efforts accomplis sont très grands
puisque pour le Sixième Plan les crédits réservés
à la réservation foncière sont augmentés de
cinq fois par rapport au Cinquième Plan. On pourrait parler longtemps
sur ce problème du logement, sur l'équilibre entre les grands
ensembles et la maison individuelle, sur sa répartition dans l'espace,
sur le rôle tellement important des zones d'aménagement différées,
des zones d'aménagement concertées qui ont permis une certaine
lutte contre la spéculation et la possibilité de coordonner
la construction.
Je
ne veux pas vous retenir trop longtemps et par conséquent, je passerai.
Voilà donc des hommes dont nous admettons que nous faisons tout
pour qu'ils aient un emploi, dont nous faisons tout pour qu'ils aient
un logement, encore faut-il qu'ils aient l'agrément de la vie.
C'est le problème de l'environnement. Reconnaissons qu'il est un
certain nombre de domaines où on a fait énormément.
Je pense aux équipements de toute nature et en particulier aux
équipements universitaires, culturels et sociaux. Je sais qu'il
y a des retards, en particulier du point de vue de l'équipement
sanitaire, certaines insuffisances se font jour et certaines appréhensions
que nous chercherons, croyez-le, à calmer. Nous tâcherons
de faire que le Sixième Plan ne soit pas sur ce point une déception
par rapport à ce qui a été fait dans le passé
en matière de création hospitalière. Mais en ce qui
concerne en tout cas les équipements universitaires et culturels,
en ce qui concerne les équipements sportifs et de loisirs, que
de choses ont été faites, que de choses qui ne l'avaient
jamais été ! Je puis citer tel déparlement qui,
il y a dix ans n'avait pas une seule piscine couverte et qui en a 18 aujourd'hui.
Des milliers de classes, des centaines de collèges d'enseignement
secondaire, des dizaine de lycées ont été créés
partout, sans parler des universités dont il semble presque que
l'on soit saturé.
Tout cet effort accompli en si peu de temps ne
serait pas suffisant s'il n'y avait pas la possibilité de se déplacer.
Et j'en viens, je crois, au plus difficile des problèmes de la
région parisienne : c'est-à-dire aux transports. Cette population
qui s'est répandue un peu au hasard pendant longtemps, autour de
Paris, que nous cherchons aujourd'hui à fixer davantage, grâce
à la conception des villes nouvelles, grâce au schéma
directeur qui a été établi, cette population ne peut
pas ne pas avoir à se déplacer ; elle le ferait
par plaisir, elle le ferait par goût mais elle le fait aussi par
besoin et en vue de son travail quotidien. Chacun de m'expliquer que des
dizaines de milliers d'habitants du département vont, tous les
jours, travailler à Paris ou vont vers l'Ouest et reviennent ensuite
coucher vers l'Est et que ceci représente des besoins de routes,
de transports en commun, etc...
Certes, on peut imaginer que la politique des
villes nouvelles et une politique de l'emploi adaptée à
ces villes nouvelles tendent sinon à diminuer tout au moins à
limiter ce besoin de migration quotidienne ; il est en effet souhaitable
et je souhaite que l'on recherche le moyen de mettre dans chacune de ces
agglomérations qui naissent ou qui se développent des emplois
pour les habitants de l'agglomération. Il n'en est pas moins vrai
que c'est la plus grande des illusions que de s'imaginer qu'on pourra
mettre l'emploi convenant à chaque personne à sa porte.
Il y aura toujours des migrations. Il y aura toujours le besoin d'assurer
à des centaines de milliers de personnes dans la région
parisienne le moyen de se déplacer pour aller sur les lieux du
travail. Dans le Sixième Plan, sur ce point, un effort considérable
a été accompli. C'est ainsi que plus de 7 milliards sont
prévus pour les transports routiers et 7,7 milliards pour les transports
par voie ferrée. Pour la seule année 1972, on a 1,5 milliards.
Ce sont donc des sormmes considérables et cela va se
traduire et s'est déjà traduit par un certain nombre de
créations ou d'améliorations. Déjà, nous avons
des lignes nouvelles de métro, déjà nous avons des
lignes de la S.N.C.F.qui sont électrifiées et permettent
un trafic plus rapide, plus dense, déjà nous avons en matière
routière de nouvelles autoroutes et je n'oublie pas les créations
proprement parisiennes qui sont le périphérique qui à
lui tout seul, aura coûté plus de 2 milliards de Francs et
un certain nombre d'autres voies comme par exemple la voie express Rive
Droite, que quelques uns critiquent quelquefois, mais qu'en tout cas 23
millions d'automobilistes ont emprunté l'an dernier ce qui prouve
qu'elle sert à quelque chose, et cela sans abîmer le paysage
et même en donnant à ces 23 millions de gens qui l'ont empruntée
quelques unes des plus belles satisfactions qu'un homme puisse avoir au
point de vue esthétique, comme par exemple quand il sort du tunnel
devant le Louvre et qu'il débouche sur le Pont Neuf et l'Ile de
la Cité. Ceci pour expliquer qu'il y a un certain esthétisme
auquel il faut renoncer et que ce n'est pas parce que on empêcherait
les voitures de circuler qu'on rendrait Paris plus beau. La voilure existe
il faut s'en accomoder et il s'agit d'adapter Paris à la fois à
la vie des Parisiens et aux nécessités de l'automobile à
condition que les automobiliste veuillent bien se discipliner.
Parmi les réalisations en cours, il y a
l'achèvement du R.E.R. et là-dessus je voudrais insister
un instant. Le R.E.R. n'est pas une simple ligne de métro nouvelle
c'est une véritable révolution dans le cadre des transports
souterrains. Non seulement le R.E.R. rejoindra Boissy-Saint-Léger
à l'Est jusqu'à Saint-Germain à l'Ouest mais par
les liaisons qu'il aura à la gare de Lyon avec tout le Sud-Est
parisien, à la Défense le jour où il y aura l'aérotrain,
avec le Nord-Ouest parisien et au Châtelet le jour que je souhaite
plus proche qu'on ne le dit à l'heure actuelle où la ligne
de Sceaux prolongée permettra la liaison avec tout le Sud parisien,
le R.E.R. constitue l'artère d'un nouveau système de transport
infiniment plus commode, infiniment plus rapide et qui permettra à
des foules de plus en plus nombreuses de circuler rapidement et sans fatigue
d'un bout à l'autre de la région parisienne et presque dans
tous les sens. Ce n'est pas une raison, bien entendu, pour abandonner
le métro classique, pour ne pas prolonger un certain nombre de
lignes et vous savez comme moi les projets qui sont prévus dans
le plan qu'il s'agisse de prolonger la ligne 8, la ligne 13 , la ligne
14, de rejoindre la ligne 13 à la ligne 14 qu'il s'agisse aussi
d'un projet un peu plus vague et qu'il faudra bien essayer de matérialiser
de prolonger la ligne 5 jusqu'à Orly ce qui ajouterait à
ce réseau dont je parlais un élément tout à
fait essentiel. Si j'ajoute les efforts qui sont faits, pour aboutir à
créer lentement, difficilement mais à créer tout
de même la Grande Rocade qu'on appelle A86 et dont certaines parties
sont déjà en service. Je crois qu'on aura une conception
d'ensemble des transports de la région parisienne qui sera à
l'époque satisfaisante. Encore faut-il que non seulement il y ait
ces créations de lignes et ces créations de routes, d'autoroutes
mais qu'il y ait dans ces transports plus de confort. Je pense souvent
aux banlieusards qui s'épuisent dans des trains inconfortables
avant de prendre un métro où il sont entassés. La
R.A.T.P. a compris la nécessité d'améliorer ses rames,
ses wagons, son confort. Je crois que la S.N.C.F., à son tour,
le comprend et que la nomination d'un directeur général
adjoint chargé spécialement de la région parisienne
donnera à l'action de la S.N.C.F. en ce domaine beaucoup plus d'efficacité
et de rapidité dans l'exécution. En tout cas je demande
à M. le Ministre des Transports ici présent de bien vouloir
y veiller. Je crois que l'amélioration des transports de la la
S.N.C.F. dans la Région parisienne doit être une de nos actions
les plus énergiques, les plus rapides dans les années qui
viennent.
J'ai
déjà été trop long et ne vais pas vous faire
un exposé sur tous les problèmes d'environnement, les espaces
verts auxquels tout le monde aspire et que tout le monde dégrade,
la lutte contre le bruit, lutte extrêmement populaire après
quoi il suffit d'être arrêté 40 secondes à un
feu rouge pour donner un coup de klaxon, il suffit d'un motocycliste qui
part le matin, très heureux de vivre avec une moto qui fait un
peu de bruit pour réveiller 300 Parisiens. Dans ces domaines, c'est
vraiment la discipline individuelle, la discipline des habitants de la
région parisienne qui s'impose. Tout est prêt, tout est à
notre portée pour que ces problèmes de bruit, de pollution,
d'agrément de vie, d'espaces verts soient résolus beaucoup
mieux que dans n'importe quelle autre agglomération du même
ordre, à l'étranger. Mais nulle part, il faut bien l'avouer,
l'indiscipline du public n'est aussi grande. Nulle part, l'oubli de ce
qu'il faut faire pour le voisin n'est aussi grand. Comme disait, je crois
tout à l'heure M. WAGNER où est l'urbanité qui pourtant
étymologiquement doit être la qualité du citadin ?
Je souhaite que les Parisiens fassent un peu de réflexion en eux-mêmes
et sur eux-mêmes et qu'ils comprennent que l'environnement dans
une grande agglomération urbaine c'est d'abord la conduite de ses
habitants et le respect d'autrui.
Pour conclure, que puis-je dire ? Sinon que
les efforts qui ont été accomplis en particulier depuis
une dizaine d'années sont énormes et que, sans aucun doute,
énormes sont ceux qu'il nous reste à accomplir. Tout cela
a coûté beaucoup d'argent, tout cela coûtera beaucoup
d'argent. Il est normal que l'État, la collectivité nationale
fassent un effort particulier pour cette région parisienne et de
ce point de vue, je considère, qu'opposer Paris à la Province
est une sottise. Paris et la Province sont complémentaires. II
n'y a pas de tête qui soit viable sans un corps et il n y a pas
de corps sans tête qui ne se dégrade et ne s'étiole
rapidement. C'est donc avec la conscience qu'en travaillant pour Paris
et pour la région parisienne on travaille non seulement pour ses
habitants, mais pour tous les Français, pour le renom de la France,
pour son prestige vis-à-vis de l'extérieur, c'est avec cette
conviction que j'invite ceux qui ont à s'en occuper à travailler
courageusement et avec optimisme. Quand on voit ce qui a été
fait, eh bien, rien ne doit être impossible à faire. Il suffit
de vouloir, il suffit de continuer de persévérer, voilà
les leçons que je tire de cette journée à bien des
égards réconfortante, même si elle m'a montré
tout ce qu'il restait à accomplir.
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