On vous disait : le régime du pouvoir
personnel intoxique l'opinion. Il a endormi chez les Français
le sens des responsabilités civiques. Vous avez répondu
en vous rendant aux urnes, dimanche dernier, plus nombreux que jamais,
dans une élection législative.
On vous disait : la Vème République
est condamnée, les chefs des partis de l'opposition se succédant
sur les ondes, sur les écrans, se partageaient déjà
les dépouilles, distribuaient les sièges et sommaient
d'avance le Général de Gaulle, d'avoir à livrer
la France à leurs divisions et à leur impuissance.
Vous avez répondu en réaffirmant
votre volonté déjà exprimée 7 fois,
depuis 1958 dans des référendums, des élections
législatives ou présidentielles, votre volonté
de voir le pays, sous une direction ferme, grâce à
des institutions démocratiques et efficaces, poursuivre sa
route vers le progrès dans tous les domaines.
Alors ? eh bien alors, la Vème République
va continuer. Elle va poursuivre sa tâche. L'oeuvre accomplie
est déjà considérable. Elle a ramené
la paix. Elle nous a donné l'indépendance. Elle nous
a rendu une monnaie. Le retard pris dans le domaine des équipements
a été en partie rattrapé. Le progrès
économique, le progrès social ont été
largement amorcés.
Mais bien sûr, il reste énormément
à faire. Le Général de Gaulle vous l'a dit
; nous le savons ; mais nous avons la volonté, nous avons
le courage et grâce à la stabilité, nous avons
les moyens. Nous accentuerons le développement économique,
nous poursuivrons chaque jour résolument la rénovation
sociale par la lutte contre les inégalités entre régions,
par l'amélioration du niveau de vie des agriculteurs, des
catégories défavorisées, par la profonde transformation
de la condition ouvrière. Sur les bases que nous avons établies
solides, nous construirons une France moderne, une France prospère,
une France pacifique, une France humaine et fraternelle. Le progrès
fait boule de neige, le progrès ira s'accélérant
à une condition c'est vrai : que pour la dernière
fois, vous confirmiez votre résolution de ne pas retomber
dans les erreurs du passé.
Or, prenez-y garde, tous les responsables
de nos malheurs, de nos faiblesses, sont encore là. Tous
espèrent encore, tous cherchent, ici par des désistements
soigneusement combinés, ailleurs par des maintiens sans espoir,
au besoin par des volte-face ou par des reniements, tous cherchent
à faire échec à la Veme République.
À leur tête un chef d'orchestre, vous le connaissez,
le parti communiste ; il dicte ses volontés, sûr de
lui, au point d'accepter, à l'occasion, de s'effacer devant
des comparses, car pour ses desseins futurs et totalitaires il lui
faut faire élire au Parlement des députés qui
soient ses otages, prisonniers de ses suffrages et prêts à
jouer son jeu. Et c'est pourquoi la République et la Liberté
sont en cause.
De tout cela la France ne veut évidemment
pas. Mais alors il faut qu'elle dise non, qu'elle dise non, pas
seulement au parti communiste, mais aux candidats dits de la Fédération
qui se sont livrés à lui pieds et poings liés
et qui ont accepté de faire son lit. Il faut qu'elle rejette
les candidatures de diversion qui se maintiennent pour faciliter
la besogne du parti communiste ou de ses alliés. Il faut
qu'elle choisisse franchement, massivement, les candidats de la
Vème République. Eux seuls d'ailleurs sont en mesure
demain de soutenir un Gouvernement cohérent et durable et
de permettre à notre pays de continuer sur la route de la
prospérité et de la justice. Que tous ceux qui ne
veulent pas du totalitarisme ouvert ou camouflé, répondent
à cet appel et, pour longtemps, l'avenir est assuré.
Françaises, Français, le 5
mars la France a choisi la Vème République. Tirez-en
les conséquences, en donnant au Général de
Gaulle la large majorité dont il a besoin ! Et dimanche soir,
c'est en toute confiance que nous crierons : Vive la République
et Vive la France!