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Allocution télévisée de M. Pompisou, Président de la République.
Le 10 mars 1973.

    Français, Françaises,

    La campagne électorale s'achève. Demain vous remplirez votre devoir de citoyen et ferez votre choix. Ce choix est simple, je l'ai dit il y a un mois, et personne, quelle que soit son opinion, ne le discute. Ici, le communisme marxiste et les alliés qu'il s'est assurés ; là, tous les autres. D'un côté, une société qui ignore ou qui supprime les libertés individuelles, la liberté politique, le droit de propriété et qui soumet la vie de chacun à l'autorité d'un parti et d'une administration totalitaires. De l'autre, une société libre, avec ses imperfections et ses injustices certes, comment le nier, mais qui respecte les droits de l'individu, qui permet à chacun de se servir comme il l'entend, pour lui-même et pour ses enfants de ce qu'il a acquis, et de diriger, de rester maître de sa vie et de son destin, autant que faire se peut. Dans le premier cas, il va de soi que la France est condamnée à se couper de ses alliés et à cesser de participer activement à une véritable construction européenne, combien difficile, mais qui reste notre meilleure chance d'assurer notre indépendance et de préserver notre prospérité ; comme nous le constatons en ce moment même où c'est le seul moyen de défendre notre monnaie et notre plein emploi.
    Je vous ai parlé aussi de la nécessité d'une action persévérante pour une plus grande justice sociale. C'est une tâche sans cesse à reprendre car de nouvelles difficultés naissent chaque jour du fait même de l'évolution. Dès lors, c'est un devoir pour nous de travailler plus résolument que jamais à corriger les inégalités et, par des réformes hardies, à vous assurer le progrès social que permet le grand progrès économique réalisé. Voilà mon objectif en vue duquel je fais appel au concours de tous. Vous comprendrez donc que je regrette que les dirigeants du Parti socialiste se soient liés pour cinq ans et sans garantie au Parti communiste. Une autre attitude aurait permis au gouvernement et au Parlement de demain de collaborer de façon plus souple, dans le libre jeu de la démocratie, et dans la paix civile qui est mon souci, comment ne serait-ce pas le vôtre aussi, Français et Françaises ?
    Quoi qu'il en soit, c'est à vous de choisir et de choisir librement. Ce que je demande, c'est qu'avant de vous déterminer, vous réfléchissiez aux conséquences ; quant à moi, premier responsable et premier serviteur de la République, je vous ai dit ce qui est en question, décidé, si vous m'en donnez la possibilité, à répondre à vos aspirations légitimes individuelles et nationales. Vive la France.
 



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