Français,
Françaises,
La
campagne électorale s'achève. Demain vous remplirez
votre devoir de citoyen et ferez votre choix. Ce choix est simple,
je l'ai dit il y a un mois, et personne, quelle que soit son opinion,
ne le discute. Ici, le communisme marxiste et les alliés qu'il
s'est assurés ; là, tous les autres. D'un côté,
une société qui ignore ou qui supprime les libertés
individuelles, la liberté politique, le droit de propriété
et qui soumet la vie de chacun à l'autorité d'un parti
et d'une administration totalitaires. De l'autre, une société
libre, avec ses imperfections et ses injustices certes, comment le
nier, mais qui respecte les droits de l'individu, qui permet à
chacun de se servir comme il l'entend, pour lui-même et pour
ses enfants de ce qu'il a acquis, et de diriger, de rester maître
de sa vie et de son destin, autant que faire se peut. Dans le premier
cas, il va de soi que la France est condamnée à se couper
de ses alliés et à cesser de participer activement à
une véritable construction européenne, combien difficile,
mais qui reste notre meilleure chance d'assurer notre indépendance
et de préserver notre prospérité ; comme nous
le constatons en ce moment même où c'est le seul moyen
de défendre notre monnaie et notre plein emploi.
Je vous ai parlé aussi de la nécessité d'une
action persévérante pour une plus grande justice sociale.
C'est une tâche sans cesse à reprendre car de nouvelles
difficultés naissent chaque jour du fait même de l'évolution.
Dès lors, c'est un devoir pour nous de travailler plus résolument
que jamais à corriger les inégalités et, par
des réformes hardies, à vous assurer le progrès
social que permet le grand progrès économique réalisé.
Voilà mon objectif en vue duquel je fais appel au concours
de tous. Vous comprendrez donc que je regrette que les dirigeants
du Parti socialiste se soient liés pour cinq ans et sans garantie
au Parti communiste. Une autre attitude aurait permis au gouvernement
et au Parlement de demain de collaborer de façon plus souple,
dans le libre jeu de la démocratie, et dans la paix civile
qui est mon souci, comment ne serait-ce pas le vôtre aussi,
Français et Françaises ?
Quoi qu'il en soit, c'est à vous de choisir et de choisir librement.
Ce que je demande, c'est qu'avant de vous déterminer, vous
réfléchissiez aux conséquences ; quant à
moi, premier responsable et premier serviteur de la République,
je vous ai dit ce qui est en question, décidé, si vous
m'en donnez la possibilité, à répondre à
vos aspirations légitimes individuelles et nationales. Vive
la France.