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Madame, je crois que le XXème siècle est à coup sûr
le siècle de la libération de la femme et de sa marche vers
l’égalité. En France même, elle a conquis l’égalité
politique, et notamment le droit de vote que lui a donné le Général
de Gaulle, et d’autre part, nous voyons bien que, dans l’éducation
dans les écoles, dans le travail, de plus en plus, les femmes ont
un rôle et donc tendent vers l’égalité. Je ne
dis pas que nous soyons encore parvenus à la perfection dans ce
domaine, et je crois qu’il faut y tendre, mais je crois aussi qu’il
serait équitable que cette égalité ne fasse pas des
femmes, des hommes. Je crois qu’il faut qu’elles gardent tout
de même leur caractère, et disons, leur féminité,
si vous permettez.
[…]
La loi a prévu, à travail égal, salaire égal.
D’autre part, vous le savez Mesdames, je crois, et vous aussi, je
pense, dans toutes les administrations de l’Etat, à travail
égal, les femmes ont un salaire égal. Il est exact que souvent
dans le travail privé, dans l’industrie privée, ce
n’est pas le cas. Ce n’est pas le cas parce qu’on a
trop encore l’impression que les femmes n’ont pas la formation
désirée. Or, je pense deux choses : la première d’abord
si vous me permettez de la dire, c’est qu’il faut que les
femmes se défendent, non pas par des ligues féministes à
proprement parler je crois que la mode en est passée mais que syndicalement,
professionnellement, elles fassent valoir leurs droits et leur formation.
La seconde, eh bien ! la seconde, c’est le problème de la
formation ou du recyclage. […]
Ecoutez ! D’abord, toute le monde le sait au moins, je le pense,
puisque je le lis dans les journaux, dans mon entourage, dans mon Cabinet,
j’ai toujours donné des postes très importants aux
femmes. Le chef de mon Cabinet, le Chef de mon service parlementaire,
le Chef de mon service de presse, étaient trois femmes, à
Matignon. Je ne sais pas si quelqu’un peut en dire autant ! D’autre
part, je peux dire, sans violer le secret professionnel, je peux dire,
que s’il y a à l’heure actuelle une femme au Gouvernement,
Melle Dienesch qui est, vous le savez, Secrétaire d’Etat
aux Affaires sociales, c’est à mon insistance particulière
que cela est dû. S’il y a des femmes qui veulent être
Ministres et qui ont des capacités, eh bien, je suis tout prêt
à leur ouvrir les portes du Gouvernement parce qu’elles y
apportent justement ce sens des réalités et ce sens de l’humanité
que j’apprécie plus que tout et qui fait parfois défaut
aux hommes. Et, il n’est pas mauvais qu’on le leur rappelle.
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