Durant le voyage
officiel organisé par les gouvernements d'Iran et d'Afghanistan,
et qui a révélé l'immense prestige intellectuel,
politique et moral dont jouit la France actuelle dans ces pays lointains,
je n'ai cessé de suivre avec une grande tristesse le développement
du malaise universitaire, des manifestations auxquelles il a donné
lieu et qui ont trop souvent dégénéré,
contraignant le Gouvernement, comme c'est son devoir, à rétablir
l'ordre.
Aussi, dès mon retour, il y a
à peine trois heures, j'ai réuni les ministres compétents,
puis après avoir conféré avec le président
de la République, et avec son accord, j'ai décidé
que la Sorbonne serait librement rouverte à partir de lundi,
les cours reprenant à la diligence du recteur et des doyens.
Des mesures seront prises pour que les
candidats aux examens n'aient pas à souffrir des retards pris
dans leur travail.
À partir de lundi également,
la Cour d'appel pourra, conformément à la loi, statuer
sur les demandes de libération présentées par
les étudiants condamnés.
Ces décisions sont inspirées
par une profonde sympathie pour les étudiants et par la confiance
dans leur bon sens.
En rendant la Sorbonne à sa destination,
nous la rendons aussi à sa vocation qui est l'étude
dans la discipline librement consentie et, il le faut, dans la concertation,
pour la rénovation de notre Université.
Cette rénovation, le Gouvernement
et moi-même n'avons cessé de la proclamer indispensable.
Nous l'avons déjà entreprise et nous la poursuivons
en collaboration avec tous les intéressés, maîtres
et étudiants.
Je demande à tous, et en particulier
aux responsables des organisations représentatives d'étudiants,
de rejeter les provocations de quelques agitateurs professionnels
et de coopérer à un apaisement rapide et total. Cet
apaisement, j'y suis pour ma part prêt.
Puisse chacun entendre mon appel.