FRANÇAISES,
FRANÇAIS,
Étant le détenteur de
la légitimité nationale et républicaine, j'ai
envisagé depuis vingt-quatre heures toutes les éventualités
sans exception qui me permettraient de la maintenir. J'ai pris mes
résolutions. Dans les circonstances présentes, je
ne me retirerai pas. J'ai un mandat du peuple. Je le remplirai.
Je ne changerai pas Je Premier Ministre, dont la valeur, la solidité,
la capacité, méritent l'hommage de tous. Il me proposera
les changements qui lui paraîtront utiles dans la composition
du gouvernement. Je dissous aujourd'hui l'Assemblée Nationale.
J'ai proposé au pays un référendum qui donnait
aux citoyens l'occasion de prescrire une réforme profonde
de notre économie et de notre Université, et en même
temps de dire s'ils me gardaient leur confiance ou non par la seule
voie acceptable, celle de la démocratie.
Je constate que la situation actuelle
empêche matériellement qu'il y soit procédé.
C'est pourquoi j'en diffère la date. Quant aux élections
législatives elles auront lieu dans les délais prévus
par la Constitution, à moins qu'on n'entende bâillonner
le peuple français tout entier en l'empêchant de s'exprimer
en même temps qu'on l'empêche de vivre, par les mêmes
moyens qu'on empêche les étudiants d'étudier,
les enseignants d'enseigner, les travailleurs de travailler. Ces
moyens ce sont l'intimidation, l'intoxication et la tyrannie exercées
par des groupes organisés de longue main en conséquence
et par un parti qui est une entreprise totalitaire même s'il
a déjà des rivaux à cet égard.
Si donc cette situation de force se
maintient, je devrai, pour maintenir la République, prendre,
conformément à la Constitution, d'autres voies que
le scrutin immédiat du pays. En tout cas partout et tout
de suite il faut que s'organise l'action civique. Cela doit se faire
pour aider le gouvernement d'abord, puis localement les préfets
devenus ou redevenus commissaires de la République dans leur
tâche qui consiste à assurer autant que possible l'existence
de la population et à empêcher la subversion à
tout moment et en tout lieu.
La France, en effet, est menacée
de dictature. On veut la contraindre à se résigner
à un pouvoir qui s'imposerait dans le désespoir national,
lequel pouvoir serait alors évidemment essentiellement celui
du vainqueur, c'est-à-dire celui du communisme totalitaire.
Naturellement, on le colorerait pour
commencer d'une apparence trompeuse en utilisant l'ambition et la
haine de politiciens au rancart. Après quoi, ces personnages
ne pèseraient pas plus que leur poids qui ne serait pas lourd.
Eh bien ! non, la République n'abdiquera pas, le peuple se
ressaisira. Le progrès, l'indépendance et la paix
l'emporteront avec la liberté. Vive la République
! Vive la France !