La
semaine du 20 au 26 mai correspond à un moment où
la crise bat son plein. En effet, on estime que le 20 mai le nombre
de grévistes atteint 10 millions.
Dans ce contexte très difficile,
l'information est capitale. Georges Pompidou reçoit à
deux reprises le ministre de l'Information, Georges Gorse.
Toutefois, tant l'Élysée
que Matignon affichent la ferme volonté de maintenir le programme
des visites et entretiens avec des personnalités étrangères.
Le lundi Georges Pompidou reçoit à Matignon le Roi
Hussein de Jordanie.
Il reçoit également
Joseph Fontanet, leader centriste qui siège alors au groupe
Progrès et démocratie moderne.
Pendant les événements
de mai, les questions de sécurité et d'ordre intérieur
occupent une part importante de l'emploi du temps du Premier ministre.
Les mardi, vendredi et samedi matin se tiennent ainsi des réunions
consacrées au maintien de l'ordre public.
Exceptionnellement, le conseil des
ministres (CM) qui se tient habituellement le mercredi matin, se
tient le mardi après-midi. La question de l'amnistie y est
évoquée. C'est lors de ce Conseil des ministres que
le Général aurait prononcé la formule : "
La réforme oui ; la chienlit non ! "
Dans l'après-midi du mardi
21 mai commence à l'Assemblée nationale la séance
consacrée à la motion de censure. Celle-ci dure également
toute la journée du mercredi. La motion de censure ne reçoit
finalement que 233 voix sur les 244 nécessaires pour son
adoption.
Le mercredi vers midi, l'agenda annonce une réunion de Georges
Pompidou avec les R.I., il s'agit très vraisemblablement
des Républicains indépendants.
La F.N.S.E.A. est reçue à
deux reprises, le mercredi soir et le vendredi. Elle envoie des
observateurs lors des négociations de Grenelle.
Le mercredi soir Georges Pompidou
reçoit également Pierre Esteva et Jean-René
Bernard. Jean-René Bernard est alors conseiller technique
au cabinet du Premier ministre et secrétaire général
du S.G.C.I.
Le mercredi soir, le Premier ministre
se rend à l'Élysée pour rendre compte de son
action.
L'agenda n'annonce rien pour le jeudi
23.
Les négociations de Grenelle
commencent le samedi 25 mai mais n'apparaissent pas sur l'agenda.
La réunion du vendredi 24 au matin y est probablement consacrée
puisqu'elle associe Jacques Chirac, Jean-Marcel Jeanneney et Michel
Debré. Ce dernier n'a finalement pas été associé
aux négociations avec les représentants syndicaux.
Georges Pompidou reçoit de
nouveau Michel Debré en fin de matinée vendredi pour
évoquer semble-t-il la question des revenus et donc les conséquences
macroéconomiques.
C'est également ce 24 mai que
le Général annonce son projet de référendum.
Les affrontements continuent dans
les rues.
Le samedi après-midi les négociations
de Grenelle commencent au ministère des Affaires sociales,
rue de Grenelle. Georges Pompidou passe auparavant à l'Élysée.