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époque > Fiches thématiques
> Les élections législatives de 1967 |
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La préparation des législatives de 1967 - le "troisième tour" des présidentielles de 1965 selon Jacques Fauvet - occupe très tôt les esprits. Pourtant, ces élections ne paraissent pas devoir conduire à de profonds changements. Les présidentielles, encore récentes, semblent avoir confortées la majorité et les sondages prévoient une relative stabilité des principales forces politiques. Le pays est en pleine prospérité, en paix et au cœur d'une longue période de stabilité gouvernementale. Toutefois, après la mise en ballottage du Général, après la formation de la Fédération de la Gauche Démocratique et Socialiste (FGDS), ces élections présentent un enjeu politique nationale certain. La majorité a pris pour étiquette "Comité d'action pour la Vème République". Le Général intervient directement à la télévision le 9 février et le 4 mars à la veille du premier tour, suscitant des polémiques sur le rôle d'arbitre qu'il devrait avoir. Georges Pompidou s'implique fortement et apparaît même comme le véritable chef de campagne. Il se présente lui-même pour la première fois dans le Cantal. Dès mai 1966, face aux velléités d'indépendance des Républicains Indépendants (la Fédération nationale des républicains indépendants est créée en juin 1966) et des gaullistes de gauche, il réussit à imposer l'idée d'une candidature unique de toute la majorité. Le "Comité d'action pour la Vème République" est ainsi créé. Présidé par le Premier ministre, il est chargé de distribuer les investitures. Si le leader des RI, Valéry Giscard d'Estaing prononce sa formule "Oui... mais... " son autonomie réelle est néanmoins limitée. Georges Pompidou intervient en particulier lors de deux débats : l'un contre François Mitterrand, l'autre contre Pierre Mendès France. Il suit également de près la préparation de ce scrutin, Olivier Philip en est particulièrement chargé au sein de son cabinet. Ces élections témoignent d'une volonté de conquête de terres jusqu'ici non gaullistes comme l'illustre l'opération des "Jeunes Loups". Jean Charbonnel, Jacques Chirac, Jean-Pierre Dannaud, Bernard Pons se lancent à l'assaut de ces terres du sud-ouest après des mois de travail sur le terrain. C'est ainsi lors de ces élections que Georges Pompidou commence véritablement à marquer de son empreinte la majorité, il place ses hommes dans le mouvement et cherche promouvoir une nouvelle génération. La gauche prépare également les élections. François Mitterrand parvient à imposer une candidature unique de la FGDS par circonscription. Après l'épisode peu fructueux du contre-gouvernement (mai 1966), le programme de la FGDS est adopté en juillet 1966 et, surtout, un accord de désistement signé avec le PC en décembre de cette même année. En janvier 1967, le PSU se rallie à cet accord de désistement. Les centristes s'organisent également puisque, après les résultats de Jean Lecanuet aux présidentielles de 1965, le Centre démocrate est formé (février 1966). La campagne aborde les sujets économiques et sociaux mais l'un des principaux demeure celui des institutions. La majorité avance en effet l'argument selon lequel ne pas la reconduire, ce serait renoncer à la Vème République, au système en place depuis 1958. La tactique du mouvement gaulliste est bien de s'identifier au combat pour la défense des "nouvelles" institutions. La question des conséquences d'une éventuelle victoire de la gauche apparaît alors. Cette campagne est marquée par l'utilisation prononcée des sondages. Les gaullistes font appel à des professionnels pour organiser leur campagne dont ils confient la préparation à l'organisme de marketing politique "Services et Méthodes" dirigé par Michel Bongrand. Le premier tour montre une forte mobilisation des électeurs et une certaine stabilité des résultats, malgré une légère progression de l'opposition de gauche. Les sondages entre les deux tours donnent même une avance à la majorité assez proche de la situation de 1962. La réalité est très différente. Le second tour surprend et modifie profondément l'équilibre des forces. Sur les 470 sièges métropolitains, 233 reviennent à la majorité contre 237 pour l'opposition. Restent alors à attendre les votes des circonscriptions d'outre-mer; ceux-ci donnent finalement 14 à la majorité et 3 l'opposition. La répartition finale donne ainsi 247 sièges à la majorité et 240 à l'opposition. La majorité sortante conserve donc sa position mais elle bénéficie désormais d'une avance réduite. Plusieurs raisons peuvent être invoquées pour expliquer cette "fragile victoire" de la majorité : le second tour a connu une réelle absence de dramatisation et a entraîné une démobilisation, la défection du centre doit être aussi prise en compte, mais surtout l'unité de la gauche, l'alliance entre FGDS et PC, a porté ses fruits. Les conséquences de ces élections pèsent sur la vie politique des mois suivants et conduisent à un certain affaiblissement du pouvoir gaulliste. |
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| 1966 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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- 20
décembre : accord de désistement PC-FGDS
en vue des électionslégislatives de 1967.
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| 1967 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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- 4-8
janvier : XVIIIe Congrès du Parti communiste
français. |
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Source
: L'année politique, 1967. Second
tour, le 12 mars 1967
Source
: L'année politique, 1967.
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| La composition des groupes à l'Assemblée nationale Président de l'Assemblée nationale : Jacques Chaban-Delmas - Groupe d'Union démocratique pour la Vème République : 180 membres Président du groupe : Henry Rey Apparentés : 20 membres - Groupe de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste : 116 membres Président du groupe : Gaston Defferre Apparentés : 5 membres - Groupe communiste : 71 membres Président du groupe : Robert Ballanger Apparentés : 2 membres - Groupe des Républicains indépendants : 39 membres Président du groupe : Raymond Mondon Apparentés : 3 membres - Groupe Progrès et Démocratie moderne : 38 membres Président du groupe : Jacques Duhamel Apparentés : 3 membres Députés n'appartenant à aucun groupe : 9 membres |
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Orientations bibliographiques |
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Quelques ouvrages généraux
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- Avril Pierre, La Ve République. Histoire politique et constitutionnelle, Paris, P.U.F., 1987, 325 p. - Chapsal Jacques, La vie politique sous la Ve République, tome 1, 1958-1974, Paris, P.U.F., 1990, 543 p. - Cointet Jean-Paul, Lachaise Bernard, Le Beguec Gilles, Mayeur Jean-Marie, Un politique : Georges Pompidou, Paris, PUF, Politique d'aujourd'hui, 2001, 436 p. - Quermonne Jean-Louis, Le Gouvernement de la France sous la Ve République, 3e ed., 1980, 699 p. - Sur Serge, La Vie politique en France sous la Ve République, Paris, Précis Domat, Ed. Montchrestien, 2e éd., 1982, 652 p. Les élections : - Goguel François, Chroniques électorales ; tome 2, La Cinquième République du général de Gaulle, Paris, Presses de la F.N.S.P., 1983, 197 p. - Lancelot Alain, Les élections sous la Ve République, P.U.F., 1983, 127 p. - C.E.V.I.P.O.F., Les élections législatives de mars 1967, Colin, 1971, Cahier de la FNSP, n°70. - Lancelot Alain, L'abstentionnisme électoral en France, Paris, Armand Colin, 1968, 289 p. Les forces politiques : - Avril Pierre, U.D.R. et gaullistes, Paris, PUF/Thémis, 1971, 96 p. - Barillon Raymond, La gauche française en mouvement, Paris, Pion, 1967, 237 p. - Becker Jean-Jacques, Le Parti communiste veut-il prendre le pouvoir ? La stratégie du PCF de 1930 à nos jours, Paris Ed. du Seuil, 1981, 322 p. - Bergougnioux Alain, Grunberg Gérard, Le Long remords du pouvoir. Le Parti socialiste français (1905-1992), Paris, Fayard, 1992, 544 p. - Borella François, Les Partis politiques dans la France d'aujourd'hui, Paris, Point histoire, 2e éd., 1975, 250 p. - Brigouleix Bernard, L'extrême droite en France depuis 1944, 1972, 232 p. - Charlot Jean, L'U.N.R., étude du pouvoir au sein d'un parti politique, Presses de la F.N.S.P., 1967, 361 p. - Charlot Jean, Le phénomène gaulliste, Paris, Fayard, 1970, 208 p. - Chiroux René, L 'Extrême droite sous la Ve République, 1974, 367 p. - Colliard Jean-Claude, Les Républicains indépendants. Valéry Giscard d'Estaing, Paris, P.U.F., 1971, 352 p. - COURTOIS Stéphane, LAZAR, Marc, Histoire du parti communiste français, Paris, P.U.F./Thémis, 1995, 439 p. - Duhamel Olivier, La Gauche et la Ve République, Paris, P.U.F., 1980, 589 p. - Fauvet Jacques, Duhamel Olivier, Histoire du Parti communiste français, 1920-1976, Paris, Fayard, 1977, 290 p. - Hurtig Christiane, De la SFIO au nouveau Parti socialiste, Paris, A. Colin, 1970, 128 p. - Kriegel Annie, Les Communistes français, 1920-1970, Paris, Le Seuil, nouv. Ed. 1985, 400 p. - Rémond René, Les Droites en France, Paris, Aubier, 1982, 544 p. - Rocard Michel et alii, Le PSU et l'avenir socialiste en France, Ed. du Seuil, 1969, 189 p. - Robrieux Philippe, Histoire intérieure du parti communiste, Tome 2, 1945-1972, de la Libération à l'avènement de Georges Marchais, Fayard, 1981, 735 p. - Sirinelli Jean-François, Histoire des droites en France, Paris, Gallimard, 1992, 3 vol. - Touchard Jean, Le Gaullisme 1940-1969, Paris, Ed. du Seuil, 1978, 379 p. - Winock Michel (sous la direction de), Histoire de l'extrême droite en France, Paris, Ed. du Seuil, 1993, 322 p. |
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Sources |
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- Archives orales réalisées par l'Association Georges Pompidou, consultables aux Archives nationales (CARAN) : de nombreux entretiens évoquent ces élections. Elles sont particulièrement abordées dans les entretiens accordés par Michel Bongrand, Olivier Philip... |
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Documentation |
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| Allocution de Georges Pompidou, Premier ministre, le 3 mars 1967 (ORTF). | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Allocution radiotélévisée du général de Gaulle, président de la République, le 4 mars 1967. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Allocution de Georges Pompidou, Premier ministre, le 10 mars 1967 (ORTF). | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Témoignage d'Olivier Philip. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||