Son époque > Témoignages  > Le Général, Georges Pompidou et les élections légisatives de 1967



Témoignage d'Olivier Philip

Ce document est un extrait du témoignage qu'Olivier Philip a bien voulu accorder à l'Association Georges Pompidou. Il a été réalisé en 1998 par Noëlline Castagnez-Ruggiu et Véronique Pradier.


Question: Vos contacts avec lui étaient-ils pour préparer des entretiens avec le général de Gaulle ?

Non, l'Élysée n'a pas mis son nez dans la cuisine électorale que nous faisions.Il n'est pas rentré dans le détail des investitures. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait pas eu des interventions; mais sans intervenir sur la manière donc Georges Pompidou préparait les élections législatives. Simplement trois à quatre interventions, ainsi on a refusé l'investiture au député maire du Mans qui devait s'appeler Chapelain je crois, parce qu'il était trop vieux. Alors, cela nous est revenu de l'Élysée. Donnez l'investiture à Chapelain, il est plus jeune que moi. Voilà.
On a élaboré aussi avec Guichard, Roger Frey et Chaban-Delmas, en trois ou quatre séances de travail dans le bureau de Pompidou un manifeste pour les candidats de la majorité aux élections législatives. Je tenais la plume. Puis un beau jour, cela s'est arrêté. Pompidou m'a dit que cela suffisait comme ça, qu'il sentait que cela ne plaisait pas au Général. Alors je lui ai demandé pourquoi ?
Il m'a dit, vous comprenez, je donne l'impression que les députés ont besoin d'un programme. En fait, leur programme, cela devrait être le soutien de l'action du général de Gaulle et c'est tout.

Question: Pour finir sur ces questions, comment à l'époque, appréciez-vous les relations entre Georges Pompidou et Charles de Gaulle ?

Très bonnes. Il n'y avait aucun problème. C'était bien avant les événements que vous connaissez. Pompidou était d'une immense discrétion sur ses relations avec le Général, sur ce qu'il lui disait. On ne comprenait au cabinet que par déduction, jamais par ce que pouvait dire le P .M.
(...)

Question: Donc finalement, le Général était sans doute consulté pour des cas un peu sensibles et n'intervenait que sur ces points là.

Oui, mais il est très peu intervenu. C'est Pompidou qui traitait les problèmes et qui me transmettait des instructions sans jamais me dire: " le Général veut ou ne veut pas ". C'est Pompidou qui me faisait part de sa décision à lui Pompidou, et c'est moi qui soupçonnait certaines choses. Je peux me tromper sur certaines.



 
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